Aujourd'hui ma bonne n'est pas arrivée chez moi et alors, tout devient plus difficile. Ma maison est en désordre et ça me fait du mal. Je ne marche pas tranquille ainsi. Malgré tout, je suis allée peindre chez ma mère et c'était très bien! Après, je suis allée prendre un café avec ma tante et j'étais heureuse de la voir et de bavarder avec elle. Elle m'aide à trouver d'autres perspectives pour regarder mes problèmes et me raconte les siens et ceux de ses patients. Trouver les explications psychologiques des problèmes est toujours une grosse aide. Je travaille mes émotions avec elle et aide ma famille à travailler les siennes. Je me questionne pourquoi un tel événement me frappe ou un tel commentaire et pas d'autres. Je me cherche dans ces réflexions pour mieux résoudre mes pas sur terre. C'est vrai que les rencontres en famille pour les fêtes juives sont très belles et en même temps, provoquent toujours des tremblements. Tout se secoue. Nos places envers notre judaïsme, ce que nous ne savons pas et aussi, nos places en famille. C'est une forte expérience que nos subissons deux fois par an. Il y a toujours des intrigues ici et là et des problèmes avec les places de chacun à table. Nous sommes des juifs mexicains arabes ou européens et nous savons peu de nos racines, des prières. Malgré les écoles juives de nos enfants, nous demeurons ignorants. On essaye, c'est tout. C'est évident que les fêtes nous questionnent car nous savons très peu sur notre identité, sur nos origines. L'aspect de la répétition nous aide à ne pas nous perdre. Et nous avons des rabbins partout dans la communauté, ils savent très peu aussi. Mon professeur de Bible, un rabbin moderne, lui il sait tout et m'aide à résoudre mes lacunes, mais je suis tellement loin encore de savoir ce que je dois savoir pour me comprendre, que parfois je désespère. Donc, comme je sais trop peu, je me soutiens avec ce que je trouve sur mon chemin. Par exemple, au temple ces jours pour recevoir la nouvelle année j'ai décidé de prier avec un livre de psaumes du roi David et c'était beau! Je ne sais pas prier, personne ne m' a montré le chemin car je suis femme. Mes frères savent le faire, pas moi. Je suis tellement spirituelle et je ne sais rien dans ce sens!, c'est dommage. Je reçois la Tora en chantant comme tout le monde, j'aime! Mais pour le reste, je ne sais rien. Les femmes bavardent. Les hommes chantent et prient. Maintenant les femmes deviennent de plus en plus religieuses et commencent aussi à prier. Mais je suis spirituelle moderne, ma place n'existe pas dans ma communauté. Les psaumes m'ont sauvée cette fois. C'était bien parce que je pratiquais ma lente lecture en hébreu et regardais la traduction de certains mots, après, je priais le psaume en espagnol pour le comprendre. En plus, je choisissais ceux qui m'intéressaient! Donc, ça a bien marché. J'espère que la prochaine année je saurais plus sur mon judaïsme dans tous les sens. C'est très important pour moi, pour mon identité, pour ma peinture et poésie. Peut-être aussi, je pourrai ainsi mieux aider les miens et tout le monde.
Aujourd'hui c'est la nouvelle année juive et hier nous l'avons reçue chez mon frère et son épouse. Après le diner, l'époux de ma nièce nous a fait des questions très spirituelles et on a fait une espèce de thérapie de groupe. Il nous demandait nos moments spirituels de l'année qui s'en allait et nos idées pour le futur. On était là une heure à partager nos intimités. C'était très intense. Aujourd'hui dans ma méditation du matin je n'arrêtais pas de pleurer. J'ai eu de très belles surprises et en même temps, je me suis sentie trop exposée. Je voulais courir chez moi et me cacher et pleurer sans arrêt. Mon chemin spirituel sur terre devient de plus en plus clair et il me fait subir des expériences difficiles à vivre. Je n'y peux rien. Tout est une déchirure parce que je ne peux pas arrêter d'être moi et de peindre mes femmes nues et ceci n'est pas permis dans ma religion mais je dois le faire et c'est une partie de mon chemin spirituel qui en plus est complètement juif, mais juif moderne avec une forte influence bouddhiste. Or je vis dans le sein d'une famille arabe juive et mexicaine traditionaliste qui me tolère. Mes nus leur posent des problèmes. Je n'y peux rien parce que je dois les faire, mais ça me déchire car je ne suis pas du tout acceptée et je me sens vraiment seule. En plus, j'ai trop de travail en ce moment et si j'essaye de partager mes angoisses les plus profondes, ça devient impossible de gérer car les autres au lieu de m'aider m'attaquent. Ils ne me comprennent guère. Donc, je fais mon travail en silence et j'essaye de ne pas les agacer avec celle que je suis. Ils m'aiment et m'appuient. En même temps je leur pose des problèmes partout. Comment soutenir mes idées avant-garde dans mon milieu? Ils veulent presque me cacher. Mes déchirures persistent, mais tout est bien et en réalité ma famille me soutient et fait possible que je fasse mon travail spirituel sur terre et de peinture et poésie. Peut-être un jour mes femmes nues changeront à autre chose, mais ça doit venir du dedans et si je peux les faire, je dois les faire car elles sont une partie importante de mon travail pour le moment. Par exemple, avant je dessinais des femmes nues dans mes ateliers de dessin, après, ce travail est fini pour moi, c'est comme ça. En ce moment, je peins aussi d'autres choses, des paysages, des fleurs, des lettres en hébreu qui sont une partie importante de mes méditations et peut-être qu'un jour, les femmes nues disparaîtront. Ce sont des processus et je les suivrai en silence. Ici et là mes luttes deviennent plus claires et je les ferai avec force et je surveillerai mes sèves pour les voir pousser peu à peu.
Aujourd'hui je suis allée à mon club très tôt pour un samedi, mais j'ai des tas de choses à faire. Je suis un peu plus triste que d'autres jours car je trouve que ma vie change trop vite et j'essaye de me tenir du passé mais ça ne marche plus. Je n'ai qu'à laisser que tout m'arrive et faire face à mon chemin sur terre. Je n'y peux rien. Tout est comme il le veut et je dois m'adapter, mais c'est trop fort pour moi. Ma spiritualité devient de plus en plus intense et je regarde mes relations bouger. En plus, j'ai trop de travail. Avant j'étais plus libre. Ce semestre tout bouge. Je pense qu'avec l'hébreu que j'ai commencé à étudier ça fait six mois, j'ai changé ma dynamique de travail qui devient encore plus forte. Mes amitiés ne tolèrent pas que je bouge ainsi et je souffre parce que je sais que je dois faire mon travail en silence et ça me fait du mal de perdre autant de relations. Mon père monte à facebook un dicton qui dit que les mains qui aident sont plus nobles que celles qui prient. C'est ce que tout le monde croit et c'est pour ça qu'on me rejette autant. On ne comprend guère mon travail de peinture et poésie et méditation. C'est triste parce que je crois qu'il ne s'agit pas de dire qui est plus noble. Il s'agit par contre d'accepter toute la beauté du monde et l'existence et le travail de tout être humain. Mais est-ce que je pourrai les changer? Pas du tout! Donc, j'envisage une existence de plus en plus difficile pour moi dans ce sens et surtout, incomprise. Du côté du travail spirituel, elle sera de plus en plus belle. J'espère que j'arriverai peu à peu à tout accepter, les rejets, ma solitude, le mépris constant de ma société matérialiste. J'ai trop de questions pour mes professeurs, comment je fais pour gérer tout ça? Qui va pouvoir soutenir mon travail isolé sur terre? Je ne peux plus penser à aucune exposition ou présentation de mes livres. C'est trop extérieur pour moi. Même pour la revue qui m'a publiée je ne peux plus travailler. C'est trop extérieur pour moi. C'est seulement ainsi dans mes blogs et mon Facebook que je peux me partager. Je n'aime pas que mes peintures demeurent chez moi. Seulement des petits cadeaux vont ici et là et se partagent physiquement. Mais c'est ça le travail spirituel et je suis désolée de comprendre que ça peut être trop difficile de l'accomplir, mais je dois le faire en silence, c'est tout. Chacun a sa mission et son travail sur terre. J'espère que malgré tout, la vie va m'appuyer et je pourrai me donner aux autres sans être rejetée. Certainement, je dois changer ma façon de peindre pour ne pas accumuler autant de toiles et de papiers. Mon neveu m'a dit qu'un peintre célèbre qu'il connaît brûlait les peintures qu'il n'aimait pas une fois par an. Moi je les aime toutes mais je n'ai pas de place pour tout garder. Donc, je dois trouver une solution dans ce sens. Je ne suis ni la première ni la dernière qui doit le faire et ça n'a rien à avoir avec la qualité des peintures. C'est une limitation physique de la planète, c'est tout. Je dois être patiente avec moi et comprendre peu à peu mes cartes de vie pour mieux m'accepter et me vivre.
Aujourd'hui je suis allée au club et après au docteur, finalement, après à mon café et tout s'est passé très bien. L'après-midi j'ai mangé chez moi, j'ai peint et écris mon poème du jour, j'ai chanté tout en peignant comme j'aime le faire mais je demeure triste car je dois me battre pour accomplir chaque petite chose et je suis fatiguée. Comme mon fils est chez moi, j'ai dû descendre mes peintures à l'huile pour pouvoir chanter. Mes huiles sont en haut et il n'aime pas mon chant car il fait ses choses. Il a le droit, mais je dois tout bouger à chaque pas. Il paraît que ce n'est rien mais l'huile salit tout et c'est pour ça que j'ai une chambre spéciale pour lui en haut. Bon, je ne dois pas me plaindre car j'ai pu peindre à l'huile! J'avais tellement envie! Mais je demeure triste car rien ne marche comme je le souhaite et personne ne me comprend. Donc, je me ferme parce que c'est trop fort d'être jugée tout le temps et je souffre. Ça devient de plus en plus difficile d'être. On ne peut même pas m'aider car on ne me comprend pas du tout. J'aime l'hébreu, mes racines sont là et je le travaille, mais il y a une sorte d'imposition extérieure de la langue que mes parents acceptent et ils rejettent mon français. C'est dur pour moi, en même temps, je ne trouve pas les chemins pour accéder à l'hébreu, belle langue de mon cœur, et réaliser les études qu'elle m'appelle à faire. Je passe de la patience de regarder sa beauté à l'impatience de ne pas pouvoir la dominer plus vite. Par exemple, on me donne l'opportunité de rentrer dans un groupe trop élevé pour moi. Je comprends presque tout mais je n'arrive pas à parler et ça me torture. J'ai aimé être là et faire les exercices chez moi. Ils étaient beaux, mais c'est trop de travail pour moi et je sens que j'embête le groupe car je ne peux pas parler et je dois le faire en espagnole. Dans le nouveau groupe je dois toujours travailler beaucoup pour atteindre le niveau, je peux mieux parler ce qu'on me demande, mais on n'a plus ces beaux devoirs, c'est triste. Les élèves s'en fiche des devoirs et ne les font pas, c'est mauvais pour moi, je les aime. C'est ce que j'aime le plus de ma nouvelle langue. J'aime quand nous sommes ensemble toutes les deux et elle m'élève, je ne peux pas l'expliquer très bien. Ce que je veux faire c'est l'étudier en silence, je sais que ce n'ai pas une très bonne idée et je dois me pousser et me développer en classe, mais quelle torture! On me pose des questions et on me fait lire en publique et je ne suis pas encore là. C'est vrai que c'était un peu pareil dans le cours intensif que j'ai pris en Jerusalem et à la fin j'ai atteint le niveau du reste, mais là j'étais seulement concentrée en ça, ici je dois faire tout le reste des choses que je fais chez moi et je souffre. Je veux plus de classes pour atteindre ce nouveau niveau et en même temps, ne plus rien faire, que c'est difficile! J'aimerais résoudre tous ces problèmes que me pose l'existence en ce moment. Je n'est pas les solutions, donc, je marche comme je peux et j'essaye même de ne plus penser à rien et de travailler pour avancer peu à peu,
Aujourd'hui j'ai eu ma classe de Bible et j'aime comprendre à chaque fois plus de l'histoire du judaïsme et de l'humanité à travers cette histoire. À la fin de la classe le professeur nous a parlé de l'union des textes bibliques avec la poésie. J'aime cette partie car je suis poète et je veux tout savoir dans ce sens. Je veux tout comprendre et enrichir mes processus sur terre, ma peinture et poésie. À chaque pas je me rends compte du savoir qui demeure fermé à mes yeux et de celui qu'en beauté m'est donné. Je sais maintenant que comme humains nous savons très peu. Il paraît que la vie est absolument différente pour tout être humain aujourd'hui et à travers l'histoire de l'humanité et dans un sens essentiel toujours la même. Le sens de l'existence demeure caché et il n'y a que vivre à chaque pas comme on le sait, comme on le peut. Croire en Dieu ou ne pas croire est une façon de vivre, mais aussi être un saint ou ne pas l'être et toutes les combinaisons possibles. Il y a des raisons pour soutenir toutes les actions et en fait, aucune explication, que des suppositions. C'est pour cela que je crois qu'il n'y a qu'une chose importante à faire, vivre le présent en beauté et aimer la vie comme elle vient pas à pas. Nous n'avons que chaque instant et c'est tout! Qu'est-ce le bien et qu'est-ce le mal? Une situation paraît bonne et peut devenir mauvaise en très peu de temps ou au contraire. Le monde change trop vite et on n'a plus rien qui nous soutienne. Mes méditations deviennent très fortes et importantes et je dois faire très attention à mes désirs, à mes rêves, à ce que je pense et j'imagine, à tout ce qui sort de mon être. Je fais donc des activités spirituelles toute la journée et je demeure auprès de mes livres, de mes peintures et mes poèmes. De tout ce que j'écris et je souhaite. J'essaye de partager peu ce que je vois car on ne comprend pas mon travail spirituel sur terre. Je sais que je dois me taire et devenir de plus en plus sage pour aider les autres surtout d'une façon virtuelle. Je comprends peu mais je sens intensément et du côté de la perception je comprends absolument tout et je me rends nue au service de la planète et de l'humanité sans plus rien questionner. Je veux seulement être en beauté et aider.
Aujourd'hui j'ai vécu en essayant de revenir vers mon centre car hier ma baignoire s'est débordée et l'eau était partout chez moi, un horrible cauchemars. Des gouttes d'eau tombaient du toit du premier étage et venaient de ma salle de bain. J'ai dû résoudre le débordement toute seule, bon, avec mon fils qui ne m'aide pas, au contraire. Heureusement, après sont arrivés mes parents. Ils sont partis à deux heures du matin et l'eau continuait à couler en petites gouttes. À quatre heures du matin ça s'arrêta et j'ai pu dormir tranquille jusqu'à huit heures. Je me suis réveillée et il fallait encore tout arranger. Sécher les espaces mouillés et réorganiser la maison. Après, j'ai fait mes méditations et je suis allée au café pour lire un peu. J'ai mangé avec mes parents et je suis allée visiter une amie qui a perdu son mari. Que la vie est difficile! Pourquoi avant je la vivais sans événements surprise? Comme si tout était attendu. J'avais à résoudre des problèmes tout le temps mais une structure énorme les soutenaient et tout le monde avait une solution pour moi. Ma sœur savait tout au sujet de mon fils et je pouvais demander ici et là tout ce que je voulais. Maintenant, il n'y a plus personne qui sache. Bon, tout le monde sait mais il n'y a aucune certitude et mes solutions de vie sont devenues très différentes, très spirituelles. En réalité, personne ne peut m'aider, je cherche mes solutions dans mon cœur et dans mes livres. Je suis fatiguée de tout, de mes réflexions et mes réalités et je ne veux que dormir. Hélas!, j'ai encore des tas de choses à faire. Il me faut résoudre mon quotidien et ordonner mes idées. J'espère que la vie me sera plus douce peu à peu.
Aujourd'hui je suis triste à nouveau car on ne me donne pas mes espaces et je souffre. Peut-être c'est trop de croire que je peux tout faire et je dois concentrer mes efforts, mais c'est injuste que les autres veulent toujours que j'élimine ma peinture, pourquoi? Et j'ai trop de cours et d'espaces que je dois réorganiser, je le sais. Ce n'est pas facile mais je suis mes rêves et j'arrange tout pour faire face aux nouvelles demandes de mon existence. Je ne comprends pas très bien ce qui m'arrive en ce moment, la chaos me domine. Je redeviens tranquille et puis tout se bouleverse à nouveau. Quoi faire? Rien n'est évident sur nos chemins sur terre et il nous faut trouver des solutions pas à pas. Aujourd'hui j'étais très heureuse de reprendre mes lectures chez moi le matin avant d'aller peindre chez ma mère. J'ai révisé un livre de peinture et j'ai fini celui de Cartier-Bresson et commencé un roman magnifique d'une mexicaine. Ça me fait du bien car j'ai quelques livres comme celui-là que j'ai acheté à mon professeur de poésie et que je n'avais pas pu lire. De Cartier-Bresson j'ai aimé qu'à la fin de ses jours il a revenu vers le dessin en se faisant plusieurs autoportraits et il est devenu bouddhiste. Donc au lieu de faire ses photos comme tueur derrière ses proies, il dit qu'il est devenu végétarien comme photographe. J'ai aimé cette idée, il prend les photographes dans une quiétude différente. Je crois que nos tendances et nos formes de vie se reflètent directement en ce que l'on fait au niveau de l'art et dans mon cas aussi de la poésie. En ce moment je bouge dans plusieurs sens et l'hébreu prend un papier centrale dans mes rêves et mes façons d'approcher mon existence. Tout ce que je fais est là et continuera avec moi, mais mes méditations avec les lettres en hébreu me poussent vers la langue. Je veux la découvrir et la pénétrer. Dès son essence, j'arriverai plus près de la mienne et tout sera uni en harmonie, je le sais.